Pas une, mais des alopécies

Les alopécies désignent une diminution ou une perte des cheveux, localisée ou diffuse, touchant principalement le cuir chevelu. Elles résultent de mécanismes physiopathologiques variés, incluant des causes hormonales, génétiques, immunologiques, infectieuses, médicamenteuses ou encore environnementales.

On distingue notamment les alopécies aiguës (effluvium télogène aigu), le plus souvent transitoires, les alopécies diffuses (effluvium télogène chronique), caractérisées par une chute homogène de l’ensemble de la chevelure, l’alopécie peladique (alopecia areata), affection auto-immune responsable de plaques alopéciques, ainsi que les alopécies cicatricielles (alopecia cicatricialis), plus rares, associées à une destruction irréversible des follicules pileux.

La forme la plus fréquemment rencontrée demeure l’alopécie androgénétique.

Effluvium télogène

C'est une chute diffuse survenant 2 à 3 mois après un facteur déclenchant (infection, fièvre élevée, intervention chirurgicale, accouchement, stress intense, régime restrictif ou arrêt de contraception hormonale). Elle est le plus souvent transitoire et réversible.

Alopécies diffuses

Les alopécies diffuses sont souvent non cicatricielles et réversibles, à condition d’identifier et de corriger la cause sous-jacente. Elles sont en lien avec des carences (Biotine, fer, sélénium, zinc, etc.), des déséquilibres hormonaux ou maladies systémiques chroniques, un stress chronique, une cause toxique ou sans cause clairement identifiée.

La pelade

L’alopécie peladique est une affection auto-immune non cicatricielle entraînant une perte de cheveux ou de poils par plaques, à peau normale.
Elle peut toucher le cuir chevelu et d’autres zones pileuses, avec une évolution imprévisible, par poussées.
Le follicule pileux est préservé, permettant une repousse possible, parfois spontanée.

L'alopécie cicatricielle

Les alopécies cicatricielles correspondent à un groupe d’affections caractérisées par une destruction irréversible des follicules pileux, remplacés par un tissu fibreux. Contrairement aux alopécies non cicatricielles, la repousse capillaire est impossible une fois le follicule détruit.

Le cycle pilaire

Phase anagène

La phase anagène correspond à la phase de croissance active du cheveu. Elle débute au niveau du follicule pileux profond, où les cellules se divisent rapidement. Cette phase peut durer plusieurs années, déterminant la longueur finale du cheveu. La majorité des cheveux du cuir chevelu se trouvent normalement en phase anagène.

phase catagène

La phase catagène est une phase de transition courte, marquant l’arrêt progressif de la croissance du cheveu. Le follicule pileux se rétracte, l’activité cellulaire diminue et la papille dermique se détache. Cette phase dure généralement quelques semaines à 3 mois. Elle concerne seulement une faible proportion des cheveux à un moment donné. Elle prépare l’entrée dans la phase suivante.

phase télogène

La phase télogène correspond à la phase de repos du cycle pilaire. Le cheveu n’est plus produit mais reste temporairement ancré dans le follicule. Après quelques jours, il se détache et est éliminé et remplacé par un nouveau cheveu entrant alors progressivement en phase anagène.

L'alopécie androgénétique

L’alopécie androgénétique est une affection chronique et non cicatricielle caractérisée par une diminution progressive de la densité capillaire. Elle résulte d’une prédisposition génétique associée à l’action des androgènes, notamment la dihydrotestostérone, sur les follicules pileux. Cette sensibilité hormonale entraîne une miniaturisation progressive des follicules, avec une production de cheveux de plus en plus fins et courts.

L’évolution est généralement lente et variable selon les individus. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et la topographie de la perte capillaire, éventuellement complété par un examen dermoscopique. L’alopécie androgénétique constitue la cause la plus fréquente d’alopécie chez l’adulte, chez l’homme comme chez la femme.

Illustration : Classification de Norwood-Hamilton – Wikimedia Commons (licence CC BY-SA)

Chez l'homme

Chez l’homme, l’alopécie androgénétique débute le plus souvent par un recul bitemporal et/ou un éclaircissement du vertex. Elle peut évoluer vers une alopécie plus étendue, tout en respectant habituellement la région occipitale. La sévérité et la répartition de l’atteinte sont décrites par la classification de Norwood-Hamilton, qui permet une évaluation standardisée de l’évolution.

Chez la femme

Chez la femme, l’alopécie androgénétique se manifeste principalement par une raréfaction diffuse des cheveux, prédominant sur la région centro-pariétale, avec conservation de la ligne frontale antérieure. Elle peut apparaître ou s’aggraver lors de périodes de variations hormonales, notamment après la grossesse ou à la ménopause. L’intensité de l’atteinte est classiquement évaluée à l’aide de la classification de Ludwig.

La consultation et le suivi pour l'alopécie

Consultation initiale

Le diagnostic repose sur l'examen clinique, l'analyse de la topographie et des facteurs aggravants, l’utilisation eventuelle de la dermatoscopie et, en cas de nécessité, sur une biopsie du cuir chevelu.

Élaboration d'un plan de soin

En fonction du type d'alopécie, un protocole de soin personnalisé pourra être proposé s'il est nécessaire, après contrôle des facteurs favorisants. Le résultat attendu peut varier d'un patient à l'autre.

Suivi de l'évolution

Afin d'évaluer son efficacité, d’adapter la prise en charge personnalisé si nécessaire et de prévenir la progression non contrôlée de l'alopécie.

La greffe de cheveux par F.U.E (follicular unit extraction)

La greffe capillaire par méthode FUE (Follicular Unit Extraction) repose sur le prélèvement individualisé d’unités folliculaires au niveau d’une zone donneuse, le plus souvent située à l’arrière du cuir chevelu, puis leur réimplantation dans les zones présentant une raréfaction capillaire. 

Cette technique utilise des micro-instruments de faible diamètre, permettant un prélèvement discret et une cicatrisation progressive. Les greffons sont préparés et implantés selon une planification prenant en compte la densité, l’orientation et la distribution des cheveux afin d’obtenir un résultat en accord avec l’anatomie capillaire. Plusieurs séances peuvent être envisagées selon la situation clinique et l’étendue de la zone à traiter.

La réalisation de la greffe FUE s’inscrit dans un acte médical nécessitant une évaluation préalable. 

Le recours à un médecin permet de poser une indication adaptée, de préserver le capital folliculaire et de réaliser le geste dans des conditions de sécurité appropriées. Cette approche médicale permet un suivi personnalisé et une information claire sur les objectifs et les limites de la technique.

Certaines images issues de banques d’images libres de droits (Unsplash), utilisées à des fins informatives.

©Dr DELETRE Nicolas. Tous droits réservés.

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